Il est parfois des moments où la blogosphère est traitre. Où l'engouement pour un tissu, un créateur, un patron, anihile tout sens critique et nous transforme toutes en moutons de panurge, sautant gaiement à la mer dans notre maillot en liberty...

rita 3

Lorsque la masse des blogueuses a mis sur la selette la jeune marque République du Chiffon, j'ai bêlé avec les moutons: le livre m'a tentée, j'ai adoré certains modèles, je l'ai noté sur ma liste de "courses créatives".

Ma laine a frisé lors de la sortie du pantalon Gilbert, mais avec mes grands pieds, j'ai préfèré remettre l'achat au printemps, pour le porter avec des sandales (dites moi que je ne suis pas la seule...).

Mais avec la jolie jupe asymétrique/passepoilée/volantée Rita, j'ai plongé dans le troupeau sans aucun état d'âme, m'abandonnant à ma condition ovine...

rita 2

rita 9

Je ne peux pas dire que je regrette d'avoir craqué, non. Ce que je regrette c'est que, parfois, j'ai l'impression que tout sens critique s'efface devant la masse (le mien en premier). Ce patron m'a fait m'arracher les cheveux. Le résultat est superbe, l'idée originale et tendance, mais il y a beaucoup trop de défauts à mon goût.

Les patrons PDF présentent plusieurs inconvénients, particulièrement le temps passé à scotcher et l'imprecision qui  en découle. Ici, les pièces ne correspondent pas exactement sur ma version, il n'y a pas non plus de repère entre les différents feuillets pour nous aider à les aligner (contrairement au patron PDF plantain de Deer&Doe par exemple).

Mais habituellement ces inconvénients sont compensés par un avantage non négligeable quand on est une feignasse comme moi: on scotche puis on coupe dans le tas. Chez RDC, les pièces se chevauchent (comme dans un livre de couture ou dans un burda par exemple): il est donc obligatoire de passer par l'étape "décalcage": je ne vous cache pas que scotcher PUIS décalquer, j'ai vécu ça comme la double peine!

rita 8

rita 11

J'ai réalisé la jupe 2 fois, la première étant vraiment trop petite. Je pense que ce patron taille petit mais que l'erreur était mienne: j'aurais dû bidouiller au moment de l'impression, mon échelle n'était surement pas bonne.

 

Les 2 fois cependant, je me suis pris la tête sur les empiècements asymétriques du haut, devant et dos. J'ai fini par comprendre que, comme nous sommes sensés couper les pièces et leur doublure dans le même tissu, la créatrice les a placées sur le papier sans faire attention au sens. Il faut donc retourner la pièce dos et la couper à l'envers si, comme moi, on souhaite une parementure contrastée. Le problème, c'est que je ne pense pas être la seule à utiliser un tissu différent pour la partie visible et pour l'intérieur de la jupe, non? Du coup j'ai du couper mes pièces plusieurs fois, sans compter l'entoilage.

Au final, j'ai beaucoup galéré et je n'ai pas pris de plaisir à faire cette jupe. Cependant, à force de bidouilles, j'ai réussi à avoir un résultat qui me plaise. J'ai notamment supprimé les fronces dos qui ne conviennent pas du tout à ma morphologie et j'ai ajouté 7 cm à la jupe pour pouvoir la porter au travail.
 J'ai utilisé un satin très fluide sur l'envers, il est donc mat, et un biais doré, en passepoil et à l'ourlet. Le volant est fait en tulle plumetis noir, déjà vu ici.

rita 12

rita 7

 

J'avoue que j'ai tellement pesté que j'hésite à acheter le livre "un été couture", de peur de me retrouver avec des patrons pénibles à suivre. J'ai du mal à me fier à ce que je lis sur les blogs, dithyrambiques sur RDC alors que mon avis est, sur Rita, tout autre. Si vous même l'avez testé, j'aimerais avoir votre retour!

Bref, tout ceci m'amène à une question: peut-on être un mouton ET conserver son esprit critique? :)